Les Poissons roses au banc d’essai

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Les Poissons roses au banc d'essai

Il y a quelques semaines je publiais, sur ce blog, un billet s’adressant aux Poissons roses. J’avais découvert ce mouvement politique, qui se revendique de gauche et socialiste – même si son fondateur, anciennement UMP, n’est pas encore encarté PS – et sur lequel j’avançais un certain nombre de critiques. Ce billet semble avoir provoqué quelques remous…  Tant mieux, j’aime le débat !

Hier soir, j’ai eu une discussion téléphonique avec Philippe de Roux, Président des Poissons roses, à la suite de quelques échanges par courriel. J’ai beaucoup apprécié notre conversation, dense et passionnée. Il est évident que nous partageons peu sur les questions éthiques. Il n’en reste pas moins quelques points de convergences, qui nous ont permis d’établir un contact franc et agréable. Nous pourrons, à l’avenir, poursuivre le débat.

Ce nouveau billet, je le rédige donc en réaction à deux éléments nouveaux : un commentaire sur la levée de boucliers que mon billet a pu susciter, sur les réseaux sociaux notamment ; ainsi que sur le signal envoyé, hier soir, par un communiqué de presse des Poissons roses adressé au candidat François Hollande.

Je ne vais pas m’appesantir sur le premier élément. Je précise simplement que j’ai été traité de « débile » par un obscur bloggeur, que mon texte a été qualifié de texte au « raz des pâquerettes » par un journaliste de Témoignage Chrétien et que j’ai été vilipendé par un membre de l’Opus Dei… Je n’en demandais pas tant ! Je suis cependant déçu par de telles réactions. Que l’on ne soit pas d’accord avec moi, je le conçois aisément ; mais encore faut-il argumenter ! Je peux entendre toutes les critiques, même les plus blessantes à mon égard, mais à la condition expresse qu’elles se fondent sur quelques éléments tangibles.

A titre d’exemple, l’Abbé Grosjean, du Cercle Léon XIII, a pris connaissance de mon billet. Il n’est évidemment pas d’accord avec moi. Il a toutefois le recul nécessaire pour me le dire de manière posée et argumentée, afin d’établir un dialogue apaisé mais constructif sur des sujets qui demeurent éminemment sensibles. Puisse cet état d’esprit présider à nos échanges futurs.

Alors, qu’est-ce qu’être de gauche ? C’est la question que posent les Poissons roses à travers leur dernier texte. Les Poissons roses demandent un signal ! Ils abordent trois points dans leur contribution. Le premier fait référence aux politiques publiques au profit de la compétitivité et de la jeunesse de notre pays ; le second traite de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et de la prise en charge du handicap ; enfin, le troisième concerne le droit à mourir dans la dignité. Je vais y répondre dans cet ordre.

La jeunesse est la priorité du candidat François Hollande. Je vous invite d’ailleurs à consulter son programme, où vous trouverez des propositions concrètes notamment pour que la jeunesse de notre pays retrouve le chemin de l’emploi. Il y a bien sûr le contrat de génération, qui en plus de créer de l’emploi permettra de retisser le lien entre les jeunes salariés et les professionnels plus expérimentés. Il y a aussi la création de 150 000 emplois d’avenir, concentrés sur les quartiers où le chômage est le plus fort. Sans oublier la lutte contre la déscolarisation des jeunes entre 16 et 18 ans, afin de leur proposer des formations, un apprentissage ou encore un service civique qui leur permettra de s’insérer pleinement dans la société. La gauche répond donc clairement à leurs attentes et en ce sens, nous pouvons nous retrouver sur ce point.

En revanche, la position des Poissons roses relative à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est quelque peu caricaturale. Ils soulignent néanmoins un point intéressant : un taux d’avortement plus élevé dans notre pays qu’ailleurs, consécutivement aux diagnostics d’enfants trisomiques ou souffrant de pathologies handicapantes lourdes. Ils dénoncent en creux une forme d’eugénisme dans notre société. Cette question mérite d’être abordée sérieusement, d’autant que la réponse de François Hollande est tout à fait compatible avec leur point de vue.

La gauche se doit de rester ferme sur le droit à l’IVG. C’est un droit fondamental pour toutes les femmes. Ainsi, en cas de victoire de François Hollande le 6 mai prochain, l’IVG sera remboursé intégralement pour toutes les femmes. L’accès à l’IVG sera garanti, en veillant à ce que la loi oblige chaque structure hospitalière à disposer d’un centre adapté.

Parallèlement – et pour répondre sur ce point aux Poissons roses, c’est l’encadrement psychologique proposé aux femmes se trouvant dans cette situation qui peut être renforcé. Si la décision d’avoir recours à l’IVG est personnelle et intime, l’aide – pas seulement médicale – que l’on peut apporter dans de tels cas est un devoir moral de la société.

Concernant le handicap, je rappelle les mots du candidat socialiste lors de son discours du 16 mars dernier : « Pour garantir une vie digne aux personnes handicapées mentales et aux personnes trisomiques, il faut développer l’accueil prénatal et postnatal, créer des postes pour faciliter l’intégration scolaire des enfants trisomiques et redonner de l’initiative aux associations ». De plus, François Hollande s’est engagé à garantir l’existence d’un volet handicap dans chaque loi et renforcera les sanctions en cas de non-respect des 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises, les services publics et les collectivités locales. Sur ce point, pour répondre donc aux Poissons roses, ce n’est donc bien évidemment pas le droit à l’IVG qu’il s’agit de remettre en cause, mais bien les préjugés à l’encontre des personnes handicapées ; voilà pourquoi la réponse politique à cette question bien réelle réside dans l’intégration pleine et entière, en droits et en faits, des personnes handicapées dans notre société.

En revanche, sur le troisième point, les Poissons roses sont non seulement caricaturaux dans leur description de l’aide à mourir dans la dignité, mais ils se trompent d’analyse quant à l’objectif de la gauche sur le sujet. François Hollande est favorable au droit de mourir dans la dignité, précisément parce qu’il ne s’agit pas de l’euthanasie ! Mourir dans la dignité, ce n’est pas une forme de suicide. La gauche propose que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut pas être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. Il n’y a rien de choquant à cela.

Il y deux points que je rajouterai : l’assistance médicale à la procréation pour tous les couples de femmes et la recherche sur l’embryon.

Une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme. Par ailleurs, la loi de bioéthique de 2011 doit être modifiée, afin d’autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. La recherche doit se pouvoir se poursuivre, dans une seule perspective de santé. Toute exploitation marchande doit en revanche être strictement prohibée.

Pour toutes ces questions, aussi sensibles soient-elles, il ne faut craindre aucune réflexion, aucune discussion. La science doit être au service de l’Humanité et ce n’est pas avoir une vision incantatoire du progrès que de le dire : la gauche se situe clairement dans cette perspective, avec le programme que je viens d’exposer.

Pour finir, je dirais donc aux Poissons roses que la gauche vous a déjà envoyé le signal que vous demandez. Vous engager dans le camp du progrès est le meilleur moyen d’avancer sereinement sur ce chemin long, difficile et exigeant de l’amélioration du sort de l’Humanité : c’est cela – je le crois profondément – que d’être de gauche.

10 Responses to Les Poissons roses au banc d’essai

  1. Koz dit :

    Je ne répondrai ici – par manque de temps – qu’à ce qui concerne l’ »obscur blogueur ». La posture que vous adoptez est amusante et assez classique. Vous voilà l’offensé. Alors, plutôt qu’un lien vers mon blog obscur, j’aurais préféré que vous mettiez un lien vers les propos que vous me prêtez.

    Les tweets concernés sont ceux-ci : le premier et le deuxième dans lesquels j’emploi le terme « débile ». Et le troisième pour avoir le fin mot de ce développement.

    Chacun pourra constater que ce sont vos remarques que je considère débiles, et non vous-mêmes. Je doute que cela vous ait échappé.

    Et je maintiens. Vous y dénigrez le site des Poissons Roses du fait de sa « propreté » qui ne pourrait être que le fait « d’anciens étudiants en école de commerce qui font de la politique comme on gère une entreprise ! ». En quoi est-ce surprenant ? Il aurait fallu que ce site soit fait avec des bouts de ficelle ? Votre site n’est pas moins propre, so what ?

    Et cette remarque est d’autant plus malvenue que, précisément, le fait que Philippe de Roux gère une entreprise et ait eu (ou ait encore ?) une activité dans la fourniture d’eau dans des pays en voie de développement crédibilise fortement sa démarche. C’est aussi cela qui permet de constater que son propos n’est pas celui d’un doux rêveur ou d’un politique aux belles paroles, mais de quelqu’un qui a mis en place des actions sociales concrètes de terrain.

    Quant à l’organigramme… Faut-il que je vous retrouve l’organigramme de campagne de François Hollande ? Cette remarque n’avait pas davantage de sens et, pour quelqu’un qui affirme ici son ouverture au dialogue, convenez que ce n’est pas en introduisant votre propos par des réflexions dénigrantes et condescendantes que vous en donniez les meilleurs gages.

    Sur le fond, nous avons trop de désaccords pour que je puisse m’y consacrer ce soir.

    Mais si les Poissons Roses attendaient un signal fort, celui que vous délivrez dans ce billet est bel et bien fort, et édifiant.

    • SebastienGros dit :

      C’est incroyable cette agressivité que vous dégagez.
      Oui, je me suis trompé sur les Poissons roses. J’ai parlé d’eux avec autant d’a priori que vous pouvez en avoir à mon égard.
      J’ai parlé d’eux en ayant en tête deux choses : qu’ils se revendiquent chrétiens et que Philippe de Roux se présente comme un ancien d’HEC. Cela m’a suffit pour renforcer facilement mon propos qui dénonçait bien d’autres choses sur le fond.
      Mais, quoiqu’il en soit, j’ai atteint mon objectif. Créer le débat tout en tissant du lien avec eux, avec vous, avec d’autres sur des questions essentielles : cela vous ne pouvez pas le nier.
      Alors, on continue ou on arrête ? Mettez, vous aussi, un peu d’eau dans votre vin et on causera toujours.

      • Koz dit :

        Ah oui, dénoncer l’agressivité… Avec la figure de l’offensé, c’est une technique assez au point. Dans un débat (c’est à la mode), on dira : « ne vous énervez pas, Monsieur Chirac ».

        Vous dénigrez, c’est un fait, le site des Poissons Rouges. Je réponds (et vous mets en cc parce que je ne le fais pas dans votre dos). Vous me qualifiez d’ »obscur blogueur », et laissez penser que je vous ai insulté, ce qui n’est pas le cas. Je réponds. Mais c’est moi qui suis agressif.

        Je reconnais qu’il est honnête de votre part de constater que vous avez parlé d’eux avec des a priori. L’étape d’après aurait été de ne pas avoir suffisamment d’a priori à mon encontre pour me qualifier d’ »obscur ».

        En tout cas, je suis ravi de voir qu’en me qualifiant d’ »obscur blogueur », vous aviez pour objectif de tisser du lien avec moi. Je ne sais pas ce qui m’a amené à trouver cela désobligeant.

        Pour ma part, je n’ai pas d’ »a priori » à votre encontre : j’ai lu vos billets et je constate nos nombreux désaccords.

        Rembourser intégralement l’IVG qui l’était déjà à 80% ne m’apparaît pas vraiment comme une priorité aujourd’hui, mais simplement comme un message politique. Ouvrir la PMA à des couples de femmes homosexuelles est une démarche sidérante, qui traduit une logique dans laquelle l’enfant finit par être un droit. Il ne s’agit même plus de donner des droits au compagnon du père d’un enfant, ni même d’adopter un enfant (par définition déjà né) mais de créer expressément une situation potentiellement nuisible pour l’enfant et illusoire de surcroît. C’est jouer à l’apprenti-sorcier avec ses éprouvettes, sans considération pour l’enfant, dont on attendra que, nécessairement, ça ne lui pose pas de difficulté.

        On peut échanger, c’est certain, mais à partir de positions si diamétralement opposées, je ne suis pas absolument certain que ce soit la meilleure manière que nous ayons d’employer notre temps. Ca ne veut pas dire que nous ne pourrions pas nous entendre autour d’un verre, c’est certain, mais nous resterions en désaccord.

  2. Vianney dit :

    Bonjour,

    Dimanche 6 mai, je voterai François Hollande sans aucune hésitation. Je soutiens également sans aucune hésitation ces Poissons roses, convaincu, comme vous, qu’il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour apprécier une démarche cohérente, réfléchie, ouverte au débat, et qui fait honneur à la gauche – et à la politique dans son ensemble. Enfin, je suis très heureux de voir que l’échange et la compréhension mutuelle ont permis d’apaiser radicalement le débat ! J’en veux pour preuve la possibilité d’échanger que vous avez ouverte avec votre second billet sur les Poissons roses. C’est d’ailleurs une nécessité, surtout en cette période, surtout sur ces sujets, que de garder son calme et de ne pas s’enfermer, ni enfermer les autres dans de pures postures.

    D’abord, je voudrais aborder deux points de fond: avec la loi Leonetti, une certaine réponse a été apportée, qui visait à éviter l’acharnement thérapeutique et à soulager les malades incurables de leurs douleurs sans jamais franchir le seuil, infranchissable pour beaucoup, vous compris semble-t-il, de l’euthanasie. Mais dès lors, quel besoin de toucher à ce fragile équilibre ? Faire en sorte que « toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut pas être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », c’est autoriser, à mot couvert l’euthanasie. Pourquoi s’en cacher ? Le débat gagnerait tellement à être abordé en toute transparence !

    Jouons donc franc jeu: il est possible d’être favorable à l’euthanasie. C’est une position qui est recevable. C’est la position de l’ADMD. Faire un pas de plus que la loi Léonetti, c’est autoriser l’euthanasie.

    Tout le monde – comment en serait-il autrement ? – est favorable à une fin de vie digne ! Ne faisons pas du « droit à mourir dans la dignité » le cache-sexe honteux de l’euthanasie ! Cela donne l’impression que l’euthanasie est un gros mot. Si tout le monde est pour une fin de vie digne et contre l’euthanasie, à quoi bon discuter !
    Mais peut-être y a-t-il du bon dans ce malaise. C’est mon avis et je veux bien en débattre. D’une part, je partage l’analyse nouvelle des Poisssons roses sur le sujet: le débat est avant tout « politique » et non « moral ». Il est politique car il engage une conception de la solidarité dans notre pays. Si l’on ne peut mourir dans la dignité qu’à condition de ne pas souffir, et que par ailleurs les soins palliatifs sont trop chers ou que le malade est désespéré, la réponse « solidaire » serait plutôt de dire que nous allons apporter les moyens – financiers pour les soins palliatifs – humains pour l’accompagnement. Non que ce manque de moyen est une fatalité et que, « c’est bête, mon ptit Monsieur, mais votre CHU n’est pas équipé »!
    Du point de vue purement politique, l’euthanasie est en ce sens un aveu d’échec, un renoncement.

    D’autre part, au delà de ces arguments « Poissons roses », j’ajouterai un argument qui relève davantage de la « philosophie politique ». Que dit sur ses fondements politiques une société qui autorise une personne à en tuer une autre ? Que dit sur sa vision du progrès une gauche qui a courageusement banni la peine de mort il y a 30 ans, et qui aujourd’hui, bonant malant, encouragerait une aide active à mourir ? Je suis de gauche, et c’est parce que j’estime que c’est en société, et non isolément, que la vie est la mieux défendue; parce que la solidarité nationale s’adresse à tous, sans aucune distinction, et surtout pas à l’exclusion des malades en phase terminale; parce que j’ai une conception extrêmement stricte de l’égalité devant la vie; parce que selon moi l’unique obsession de la société doit être de soutenir la vie sous toutes ses formes, au travers d’un renforcement croissant des liens entre les individus. Elle échouera sans doute, et souvent même. Elle pourra même échouer face à la liberté des individus. Mais le progrès, ce n’est pas de suivre et d’encourager ces échecs; ce n’est pas non plus de les ignorer. C’est de placer, au plus près de ceux qui souffrent, systématiquement, un palliatif à leur souffrance.

    A quoi sert une société qui ne ferait que prendre acte des échecs individuels ? A quoi bon faire de la politique si le seul horizon est de comptabiliser et entériner les souffrances ?

    Le débat pourrait être encore long, mais encore une fois, je suis heureux qu’il soit ouvert, car il permettra sans doute à beaucoup (notamment parmi mes proches) de continuer à soutenir le PS et à lutter contre la forme la plus insidieuse du libéralisme: celle qui s’insère dans les relations humaines.

    Merci beaucoup et rendez-vous le 6 mai !

  3. Sébastien, je m’engueule parfois avec Koz mais de la à le traiter d’obscur blogueur faut pas pousser mémé dans les orties.

    Chrétien et de gauche (ou de gauche et chrétien, comme on veut) ce qui me choque surtout sur les poissons roses, c’est qu’ils ont une interprétation très conservatrice des questions éthiques et très catho centrée.Ils devraient d’ailleurs se revendiquer catholiques plutôt que chrétiens même si les évangéliques partagent les mêmes angles sur ces questions que les catholiques.

    Pour nombre de protestants par exemple, dont je suis, le foetus n’est pas une personne à part entière.

    Mais surtout ce qui me dérange dans ces poissons, c’est qu’ils n’ont rien de progressiste en particulier. Les mouvements chrétiens dans le labour uk ont des exigences sur les questions éthiques mais ont une lecture « de gauche » de la politique et de la manière de vivre la foi. Rien ici chez les poissons roses.

    • Vianney dit :

      A vrai dire, ils ne se revendiquent pas chrétien du tout. Ils sont pour la majorité au PS et n’ambitionnent pas de créer un parti concurrent, encore moins un parti confessionnel. Après, allez leur demander individuellement, il se trouvera souvent que de fait, une bonne partie est de culture chrétienne, essentiellement catholique en effet. Mais, c’est de l’ordre du privé, et il ne doit y avoir ni concurrence ni mélange entre religion et politique.

      Par conséquent, leurs arguments en matière d’éthique ne sont pas des arguments moraux. Vous parlez du foetus, mais eux n’en parlent pas, et n’entrent pas dans la question si sensible de savoir si c’est une personne ou pas. La question – du point de vue politique – est de savoir si les femmes qui veulent avorter ont vraiment le choix. Est-ce que, si elles le voulaient, elles auraient l’assurance que, derrière, la société suivra: que leur enfant pourra être pris en charge, qu’elles pourront être aidées si elles sont seules, que fans une famille, on ne soit pas obligé de choisir entre garder son enfant et conserver son niveau de vie. Après, si elles ne souhaitent pas les garder, d’un point de vue politique, il n’est pas question de le leur interdire, bien au contraire !

      Par ailleurs, votre dernière phrase me semble un peu étrange: « Les mouvements chrétiens dans le labour uk (…) ont une lecture « de gauche » de la politique et de la manière de vivre la foi. Rien ici chez les poissons roses. » En effet, les Poissons roses ne se prononcent pas sur la manière de vivre la foi ! Ils sont un mouvement politique, et c’est tout. Après, individuellement, on peut là encore imaginer que les croyants parmi eux ne « vivent pas leur foi » comme la majorité de leurs corréligionnaire et qu’ils ont, dans ce cadre, une lecture « de gauche ». Mais on n’est plus en politique, et je crois qu’il est important de bien distinguer religion et politique. En revanche, ils ont bien une lecture de gauche de « la politique », même si je ne suis pas bien sûr de ce que vous visez ici: la politique au sens de la façon de faire de la politique, ou au sens des « questions politiques ».

      Reste peut-être une question en suspens: qui décide de ce qui est « progressiste » ou ne l’est pas ?

      A vous lire !

  4. [...] sans jamais tomber dans la caricature… Sébastien Gros, proche collaborateur de Manuel Valls a répondu à ce texte…négativement. Ce qui nous montre l’importance des questions sociétales au sein du [...]

    • Vianney dit :

      Bonjour,

      J’ai lu votre article complet sur votre blog.

      Il est très intéressant, et vous défendez une position qui a le grand mérite de la cohérence.

      Nous laisserons cependant l’auteur de ce blog-ci, Sébastien Gros, affirmer qu’il a « répondu négativement » aux Poissons roses. Il me semble que cela n’est pas si simple, d’autant que Sébastien Gros n’engage que lui. Il est vrai qu’au sein du PS, plusieurs voix se font entendre, régulièrement. Elles ont toutes en commun de proposer une vision cohérente et complète de la société.

      Ce faisant, les Poissons roses n’agissent pas comme des « chrétiens de gauche », et non sont pas le PCD du PS. Ils proposent un projet de société où l’individu n’est pas l’unique horizon de la société, ni de la politique. Ils s’opposent à un projet de société qui, depuis plusieurs années, non content de toujours plus de isoler des individus, projette désormais de les opposer les uns aux autres. Ne vous leurrez pas: vous soutenez actuellement le candidat d’un parti qui ne soutient vos « points non négociables » que par opportunisme et souci de conserver un électorat sociologiquement « acquis », celui des chrétiens. Mais seule la gauche aujourd’hui, et c’est ma convication profonde, a dans ses gènes cette obsession de faire société, de créer toujours plus de liens entre les personnes en orientant toutes les décisions vers la quête d’une plus grande justice et d’une plus grande égalité devant la vie.

      Autrement dit, vous faites un choix de raison, nous faisons un choix d’espoir: celui que la gauche tire toutes les conséquences de sa foi en la société.

      Espérons que les deux convergent un jour !

  5. Henri Mondion dit :

    Bonjour, pardon de n’avoir pas vu votre billet plus tôt; Pourriez-vous juste me dire où je vous ai vilipendé ? Je n’en ai pas conscience, et si j’ai pu vous offenser, je m’en excuse, car telle n’était pas mon intention;
    J’ai simplement dit que votre article précédent confirmait que certaines positions de François Hollande sont incompatibles avec le respect de la vie encouragé par l’Eglise, et qu’à ce titre, vous confirmiez explicitement qu’un catholique ne pouvait pas voter en son âme et conscience pour le candidat du PS. Si vous vous sentez offensé par cette idée, j’en suis désolé
    Henri Mondion
    PS : s’il vous plait, soyez gentil, lorsque vous faites un lien pour encourager vos lecteurs à allez voir ce qu’est l’Opus Dei, faites-le sur le site officiel (www.opusdei.fr) Car là, en retour, je pourrais presque me sentir offensé…

  6. [...] mariage homosexuel, et à l’euthanasie. Ces gens sont les Poissons roses. Et vous pouvez lire ici (blog de Sébastien Gros) ou là (article de Rue89) ce qu’en disent d’autres gens de [...]

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